Mina Tindle

Interview

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Ovni de la pop française, Mina Tindle se forge un beau destin avec la sortie de son deuxième album studio "Parades". Auteure, compositrice, interprète, la chanteuse parisienne nous conquiert sur ses douze ballades up tempo chantées en français et en anglais. Nous nous sommes entretenus avec elle au sujet de l'enregistrement de l'album.

Bravo pour ton deuxième album Parades! Après deux ans sur la route pour ton dernier album Taranta, pourquoi ne pas avoir décidé de prendre ton temps au lieu de composer ce deuxième album en seulement quelques semaines?

Merci beaucoup... Simplement parce que l'envie était là. Finalement, deux ans de tournée c'est long et on emmagasine beaucoup de lubies musicales qui ne demandent qu'à sortir... En plus j'avais envie de profiter de cette énergie de scène de la première tournée pour me plonger dans ce second disque.

Tu avais produit Taranta en 2012 avec l’aide de JP Nataf, peux-tu nous expliquer ton processus de création et de production pour cet album-ci? JP Nataf t’a-t-il une nouvelle fois influencé? Et qu’a apporté Olivier Marguerit à l’enregistrement?

Jp, c'est mon mentor et mon ami, et il m'a permis de faire mes premiers pas dans ce monde de la musique en me donnant confiance... J'ai adoré travailler avec lui, c’était autant un plaisir qu’un honneur, et je suis certaine qu'on renouvellera l'expérience bientôt. Pour ce deuxième disque, il m'est apparu aussi comme évidence que je demanderai à Olivier Marguerit de travailler avec moi à la réalisation. C'est quelqu'un qui m'a accompagnée sur scène avec Guillaume Villadier depuis trois ans, et je savais que je partageais avec lui les goûts, les envies, les brins de folie, et une grande sensibilité...

C'est vraiment un des meilleurs musiciens que je connaisse, qui sait en plus totalement amener sa personnalité sur les projets dans lesquels il travaille sans jamais les écraser... C'est allé très vite : un jeu de Ping Pong entre nous pendant l'été, à s'envoyer les démos et fin septembre, les 15 titres étaient là. On a ensuite commencé l'enregistrement en novembre... On a fait toutes les prises avec le très talentueux Yann Arnaud, un vrai magicien.

Tu sais t’entourer d’artistes créatifs comme Brian McOmber (Dirty Projectors), Craig Silvey (Portishead, Arcade Fire...) ou encore Bryce Dessner (The National). Où les as-tu rencontrés?

Brian et Craig, en les contactant pour travailler sur ce disque... Bryce, c’est une vieille histoire, on se connait depuis presque 10 ans, et on avait envie de retravailler ensemble depuis longtemps.

Ont-ils apporté un son très rock indé à tes compositions, ou y avait-il quelques surprises?

Oui, le jeu de Brian est dément, je n'ai jamais entendu un batteur taper si fort! On a démarré par l'enregistrement des batteries sur toutes les chansons: ça a permis de donner le battement de cœur de tout le disque, peut-être un battement de cœur pas très français, je ne saurais le dire…

Dirais-tu que ta vie à NY a été l’un des moments les plus influents de ta carrière musicale? Nous savons que tu vivais au dessus d’un bar avec des concerts chaque soir...

C'était surtout un moment charnière dans ma vie... à mon retour de NYC, j'ai dû choisir entre la musique et une autre voie professionnelle. Je ne m'étais jamais posée la question avant. Evidemment, l’effervescence musicale de la scène de Brooklyn à cette époque était grisante…

Idéalement, avec qui aimerais-tu collaborer dans le futur, ou qui serait apte selon toi à interpréter tes nouveaux morceaux?

Deux questions bien différentes! Disons que j'adorerais chanter avec James Blake, j'adore et sa voix, et sa modernité... C'est le crooner du futur pour moi!

Pour qui pourrait interpréter mes morceaux, je serais ravie d’entendre n’importe quelle reprise, adorant moi-même l’exercice…

Il y a eu un l'album 'Mina Tindle Seen By...' – peut-on donc s’attendre à une suite avec les morceaux de Parades?

Peut-être bien, l'exercice entre amis est très sympa en fait... ça change du côté racoleur des remixes en général.

Existe-t-il un chemin de réflexion et de composition différent lorsque tu écris en anglais?

Oui, j'ai trouvé il y a pas longtemps la métaphore du peintre qui choisirait aquarelle, ou peinture acrylique ou des pastels pour s'exprimer... C'est différentes textures qui sont amenées par l'usage de langues différentes, ça ouvre des mondes différents.

Quel est ton titre préféré sur l’album et pourquoi ?

"Dehors", je crois… Je trouve qu’Olivier a fait un travail magnifique sur les arrangements.

Cet album est marqué par un tempérament plus trempé, mené par le single "I Command". Quel message voulais-tu faire passer ici ?

Sans y avoir pensé consciemment au moment de l’écrire, j’étais porté pendant l’écriture du disque, par une énergie nouvelle, et une sorte d’élan conquérant. La pudeur est toujours là, mais je me sens libérée de beaucoup de choses… sûrement le passage à la trentaine…

Tu as également des origines méditerranéennes? Comment penses-tu avoir capturé ces influences plus tropicales dans cet album?

J’écoute en effet beaucoup de musiques dites latines, je ne sais pas si l’influence s’en ressent cependant… Peut-être dans l’approche des voix et des chœurs…

Avec tellement de différentes influences venues des quatre coins du monde, quel est l’artiste qui t’as le plus façonné selon toi?

Il y en a beaucoup en réalité. Je suis obnubilée par les voix, celles de Milton Nascimento, de Nina Simone, de Feist, d’Elliott Smith, de Souchon, Brel ou Gainsbourg… Je les entends comme des miroirs de l’âme.

Quels sont tes projets après la sortie de cet album, nous voyons une tournée en France et une date à Londres...

Une tournée d’une vingtaine de dates est déjà prévue pour la fin de l’année. C’est la scène qui commence, c’est une aventure totalement différente que le travail en studio… Tu as aussi l’opportunité de faire littéralement vivre ton disque.

Enfin, qu’elle a été le moment fort de ta carrière jusqu’ à présent?

La dernière date que j’avais faite au Trianon en 2013. C’était un moment magique dans une salle impressionnante… mon amie danseuse italienne Moira Cappilli était même venue improviser sur scène avec nous…

Octobre 2014